- Pour ou contre le TGV Lyon-Turin ?

Posté par admin le 23 janvier 2012

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Pour ou contre le TGV Lyon-Turin ?

Lundi, 23 Janvier 2012 13:45

- Pour ou contre le TGV Lyon-Turin ? dans - TAV - LGV Lyon-Turin 120123025819804831L’enquête publique concernant la partie française du TGV Lyon-Turin est en cours jusqu’au 5 mars. Mais tout ne se passe pas comme prévu : les ONG environnementalistes et la droite savoyarde n’en veulent pas.

Le coup d’envoi de l’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique concernant la partie française du TGV Lyon-Turin a été donné le 16 janvier dernier. Dans les 38 communes concernées, les Savoyards sont invités à aller consulter les documents du projet et à porter des appréciations sur celui-ci. Rien d’exceptionnel, c’est la procédure administrative habituelle, qui bien souvent ne change pas le cours des choses. Sauf que cette fois, elle se déroule dans un contexte défavorable pour les promoteurs de cette nouvelle liaison ferroviaire à grande vitesse. Il y a un mois, l’Autorité environnementale du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) émettait un avis très critique soulignant les insuffisances dans les études et justifications du projet (voir le rapport). Une mini-surprise, mais une surprise tout de même.

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Des inquiétudes sont ainsi évoquées quant à l’impact du chantier sur l’environnement hydraulique lors du creusement des tunnels, on redoute des incidences sur les zones Natura 2000, une clarification serait nécessaire quant aux chiffres de prévision du trafic, entres autres. Résultats, les associations de protection de l’environnement ne veulent plus de cette enquête publique, pas plus que la droite savoyarde, et les opposants de longue de date au projet espèrent bien en profiter pour se refaire une santé.

120123025944608461La droite brise le consensus politique

 

Depuis quelques semaines, le consensus politique savoyard sur le TGV Lyon-Turin a volé en éclats. Ce n’est en effet pas le Front de gauche – ardant défenseur du projet (voir notre article) -, mais l’UMP qui l’a brisé en décembre dernier, arguant d’un désaccord sur le phasage des travaux. La droite savoyarde craint que la programmation par Réseau ferré de France en « phase 1 » d’un tunnel Dullin-L’Épine mixte (voyageurs et fret) conduise à l’abandon ultérieur de la « phase 2 », les tunnels dédiés au fret de Chartreuse, Belledonne et Glandon. « [Si le fret doit] continuer durablement à passer par Aix et Chambéry, je préfère qu’on abandonne le Lyon-Turin et qu’on couvre la ligne historique », a même lâché le député-maire d’Aix-les-Bains Dominque Dord lors de l’annonce à la presse de l’envoie d’un courrier à Nicolas Sarkozy sur le sujet. « Ces prises de position ne sont en rien concordantes avec les conclusions des débats passés ni, à [ses] yeux, avec l’intérêt non seulement de l’agglomération mais de toute la Savoie », réagit une semaine plus tard le président de Chambéry Métropole Louis Besson dans les colonnes du Dauphiné Libéré. Va alors suivre une semaine d’échange vif entre les deux protagonistes, toujours par voie de presse interposée, chacun campant sur ces positions.

Et voilà que le 16 janvier dernier, Dominique Dord, le conseiller régional Xavier Dullin, le sénateur Jean-Pierre Vial, l’eurodéputé Michel Dantin relancent les hostilités, à nouveau via le Dauphiné Libéré« En renvoyant la réalisation du tunnel sous Chartreuse à plus tard, c’est-à-dire probablement à jamais compte tenu de la rareté durable des financements publics, le projet soumis à enquête non seulement pourrait bien n’enlever quasiment aucun train de marchandises de la ligne historique le long du lac du Bourget, aucun camion de nos autoroutes, mais rajoutera dans Chambéry des trains de fret par ferroutage en provenance de Lyon ! », expliquent-ils. Les élus UMP sont catégoriques : « l’enquête d’utilité publique ne porte ni sur le principe du Lyon-Turin, ni sur le tunnel de base, mais sur les itinéraires d’accès, notamment du fret, c’est-à-dire sur LA question qui divise ! La version officielle qui arrange sans doute ceux qui voudraient bien qu’il n’y ait pas trop de vagues dans cette enquête, c’est de tout mélanger et de faire croire qu’il existerait un consensus savoyard. C’est totalement faux. »Le ton est donné.

 

120123030135738170Les ONG environnementalistes dans la bataille

 

Du côté des associations de protection de l’environnement, cette nouvelle liaison ferroviaire à grande vitesse ne fait pas plus l’unanimité qu’au sein de la droite savoyarde. « Ce projet de moins en moins cohérent et de plus en plus coûteux apparaît inadapté à l’objectif annoncé et repousse de plusieurs décennies les perspectives de renforcement du transfert modal de la route vers le rail, pour les voyageurs comme pour le fret », analysait Pierre Moreau, vice-président de la Commission internationale pour la protection des Alpes (CIPRA)France en décembre dernier. Une position désormais partagée par la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (FRAPNA) et France nature environnement (FNE). Dans un courrier adressé à la ministre de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, les deux associations viennent de demander le report de l’enquête d’utilité publique et l’organisation d’un débat public sur la traversée des Alpes par le fret et les voyageurs avec la Commission nationale du débat public (CNDP). « Plus fondamentalement, la réalisation d’une nouvelle ligne, avec ses impacts très lourds, ne semble pas être justifiée par les études disponibles à ce jour », justifient-elles, estimant au contraire que « l’urgence est à l’amélioration des infrastructures existantes »

120123030229338158Cette prise de position récente a pu surprendre, dans le sens où, jusqu’à encore récemment, la FRAPNA et la FNE soutenaient le projet. Mais à en croire les deux ONG environnementalistes, la situation a depuis changé : le transport des marchandises est en baisse depuis dix ans dans les Alpes du Nord tandis que la ligne ferroviaire historique est sous utilisée (moins de 3 millions de tonnes y transitent chaque année alors qu’elle a une capacité de 17 à 19 millions de tonnes) ; les déplacements de longue distance sont stagnants et leurs nombres sont relativement faibles au regard de l’ensemble des déplacements ; et enfin, la demande TER a plus que doublé pour les déplacements de moyennes distances dans les zones urbaines de Chambéry, Grenoble et Lyon. « La seule solution qui existe pour nous, conjointement à une fiscalité environnementale ambitieuse, consiste en la création d’une nouvelle ligne ferroviaire performante pour le transport de marchandises », rétorque l’Association anti contournement autoroutier de Chambéry (ACAC). Toujours favorable au projet, elle estime que « le report de l’enquête publique est un motif fallacieux pour enterrer le projet», tout en s’interrogeant sur les intentions de la FRAPNA et de FNE : « le but réel de cette demande de report n’est-il pas de perdre les financements européens afin de permettre d’enterrer définitivement la création de cette ligne ferroviaire moderne ? ». Là aussi, le ton est donné.

Les opposants se réveillent partout en Savoie 

Dans l’avant-pays Savoyard, le Collectif chapareillan contre les nuisances du Lyon-Turin (CCLT) est toujours mobilisé contre ce projet et entend s’appuyer sur l’avis que vient de rendre l’Autorité environnentale du CGEDD sur le dossier pour obtenir des modifications. Idem pour la Coordination Ain-Dauphiné-Savoie, le plus ancien collectif de lutte contre le TGV Lyon-Turin. Dans l’agglomération chambérienne, les deux associations proches du Modem, Vivre Cognin autrement et Défendre et servir La Motte, défendent toujours le plan B « moins cher et plus efficace » par la ligne historique (voir notre article). Basé à Chambéry, le collectif No-Tav Savoie tente lui d’impulser une dynamique populaire à l’échelle du département sur le modèle piémontais. Regroupant des militants des Alternatifs, du NPA, d’Europe-Ecologie, de Sud-Solidaires et de la Fédération anarchiste, ils exigent« un report modal de la route vers le rail sans attendre, dans le respect des habitants et de la montagne, la fin des transports inutiles et de l’obsession de la grande vitesse ». Le 21 janvier dernier, ils ont réuni 70 personnes à Chambéry à l’occasion du réunion publique.

 

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En Maurienne aussi, les opposants au TGV Lyon-Turin se réveillent, six mois après la manifestation du Mouvement des citoyens de Savoie (MCSE) au Col du Mont-Cenis (voir notre reportage vidéo). Le 16 janvier dernier, l’Intercommunale mauriennaise contre les nuisances TGV-Fret organisait une réunion publique à Saint-Rémy-de-Maurienne. L’objectif ? Là encore de mobiliser la population contre un « projet qui concerne l’ensemble du canton de La Chambre, même les communes de montagne », et l’inviter à participer à l’enquête publique. Idem à Villarodin-Bourget, en Haute-Maurienne, où les habitants et les élus sont déjà mobilisés pour que leur village ne serve pas de lieu de stockage pour les 350 000 m³ de déblais issus des quatre kilomètres de la descenderie ayant nécessité quatre années de travaux.

120123030534771738Débat au conseil municipal de Chambéry 

Ce lundi soir, la maire de Chambéry Bernadette Laclais va soumettre au vote une résolution dense et technique de cinq pages concernant le TGV Lyon-Turin dans laquelle elle défend bec et ongle le projet. Sur la même longueur d’onde que Louis Besson (voir sa tribune libre), elle se félicite qu’« en faisant figurer Chambéry dans son intitulé, [l'enquête préalable d'utilité publique prenne] en compte dans son parcours pour la première fois de manière explicite les populations et les territoires savoyards ». Une soirée qui promet donc d’être mouvementée vu la tournure qu’a pris le débat ces dernières semaines, d’autant plus que le collectif No-Tav Savoie appelle à manifester devant la mairie « pour une action en direction du conseil municipal ». Pendant ce temps, dans le Val de Suse, de cette nouvelle ligne ferroviaire à grande vitesse, les Piémontais n’en veulent pas plus aujourd’hui qu’en juillet dernier lors de la plus importante mobilisation populaire contre le TAV depuis vingt ans (voir notre reportage vidéo).

 

Mikaël Chambru


 

 

 

 

Mise à jour du 25/01.

 

 

Le ministre des Transports Thierry Mariani assure, dans un courrier adressé le 24 janvier à Jean-Pierre Vial que« cette liaison est emblématique du report modal que nous voulons opérer au profit du fret ferroviaire », confirmant aussi que les ouvrages d’accès parmi lesquels les tunnels sous Belledonne, Chartreuse et Glandon« figurent bien dans la section internationale au titre du nouvel accord franco-italien [qu’il signera] la semaine prochaine ». De quoi rassurer la droite savoyarde ? Pas si sûr… Plusieurs élus locaux viennent en effet de signer, toujours à l’initiative du sénateur savoyard et du maire d’Aix-les-Bains, une motion s’opposant au passage des marchandises par Chambéry. On y retrouve les conseils généraux d’Aix-les-Bains Nord et Centre, Pont-de-Beauvoisin, Saint-Genix, Saint-Pierre d’Albigny, ainsi que les maires d’Avressieux, Barberaz, Belmont-Tramonet Brison-Saint-Innocent, Chignin, Francin, La Motte-Sevolex, La Ravoire, Les Echelles, Novalaise, Voglans et Saint-Alban Leysse.

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Source:
http://www.lavoixdesallobroges.org/politique/467-enquete-publique-et-critique-sur-le-projet-lyon-turin  
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