- «il n’y avait aucun réseau de stades en Europe. Vinci Stadium est le premier »

Posté par admin le 23 octobre 2012

 
Reprise à but informatif:

DAMIEN RAJOT, DIRECTEUR OPÉRATIONNEL DE VINCI STADIUM

«il n’y avait aucun réseau de stades en Europe. Vinci Stadium est le premier »

Par Myriam Chauvot | 23/10 | 20:59 | mis à jour à 23:06

Vinci constitue l’unique acteur en France à avoir un portefeuille de plusieurs stades, qu’il construit et exploite : le Stade de France, Le Mans, ainsi que les futurs stades de Nice, de Bordeaux (Fayat est également constructeur) et peut-être demain de Lyon où le groupe, en charge de la construction, négocie avec l’Olympique Lyonnais pour en être aussi l’exploitant à ses côtés. Le groupe de BTP, qui doit signer officiellement vendredi le contrat de la salle Arena de Dunkerque, a créé Vinci Stadium, une structure unique en Europe.

 

Vinci vient de créer une structure dédiée aux stades, Vinci Stadium. Quel est son rôle ?

Vinci Stadium, qui a été créé cette année et commence juste à être opérationnel, reflète la volonté de Vinci Concessions de disposer d’une structure développant de nouvelles activités, communes à tous nos stades : le Stade de France, Nice, Bordeaux, Le Mans, et bientôt l’Arena de Dunkerque. Nous avons structuré dans Vinci Stadium trois domaines de compétence. Tout d’abord une compétence marketing, afin de développer le partenariat avec les marques et les annonceurs, par exemple sous la forme d’un « naming », à l’instar de l’Allianz Riviera à Nice. La deuxième compétence est axée sur les apporteurs de contenu, complémentaire des clubs sportifs résidents, les organisateurs de concerts et de grands spectacles. Enfin, la troisième compétence porte sur les services, où nous voulons trouver des entreprises partenaires pour aller plus loin. Aujourd’hui, en France, l’écosystème des stades est difficile. Vinci Stadium vise donc à développer une expertise métier au service d’un nouveau modèle d’exploitation des stades.

 

Ce modèle reposerait sur un réseau national de stades ?

Oui. Il existe deux groupes ayant créé un réseau de stades aux Etats-Unis, AEG et Global Spectrum, mais il n’y en avait aucun en Europe. Vinci Stadium est le premier. Nous voulons avoir la dimension nationale d’un réseau, pour développer un modèle économique, tout en gardant pour chaque stade un ancrage local. On n’impose rien aux structures locales. L’enjeu d’un réseau national, dont les trois premières implantations fortes seront Bordeaux, Nice et le Stade de France, sera, dans le futur, d’offrir aux clients organisateurs une entrée simplifiée pour les évènements nationaux et internationaux comme les tournées de concerts ou les séminaires et les congrès, avec une même équipe commerciale nationale face à des annonceurs voulant être présents dans tous les stades. Un réseau est aussi intéressant pour trouver des partenaires industriels, par exemple pour la restauration, et pour échanger entre les stades les meilleures pratiques issues de leurs expériences. Notamment en matière de liens entre la société d’exploitation et le club résident.

 

Quels nouveaux services permettraient un réseau ?

Améliorer la restauration. Aujourd’hui, dans les stades français, la restauration ne rapporte pas suffisamment de revenus. Le public consomme en moyenne 1,80 euro par personne, contre 4 à 10 fois plus dans les pays anglo-saxons. Un stade, c’est 30 évènements maximum par an et 60% de la consommation se fait à la mi-temps or les flux n’étant pas optimisés les consommateurs manquent de temps. Il faut davantage de points de vente, on peut aussi imaginer donner aux consommateurs la possibilité de se faire servir et créer des coupe-file pour ceux ayant réservé. Il faut créer aussi des offres ciblées, pour les familles, et des forfaits comprenant billet d’entrée, restauration et produit souvenir. Ces nouvelles offres supposent davantage d’espace et des aménagements, donc des investissements. Donc un partenariat. Nous discutons en ce sens avec de grands acteurs de la restauration et allons lancer un appel d’offre pour un partenaire restauration, investisseur au niveau national mais avec un contrat spécifique pour chaque stade.

 

Peut-on imaginer des services qui transformeraient les stades dans le futur ?

Lorsque nous parlons avec des entreprises extérieures, le deuxième sujet fort, mais c’est davantage de la prospective, est la connectivité des stades. Pour commander via son téléphone portable un sandwich depuis sa place, mais aussi bien plus, car le public vient au stade pour se retrouver au sein d’une communauté partageant le même intérêt. On peut donc imaginer un stade connecté qui serait un espace communautaire interactif, qui permettrait non seulement de retrouver un ami sur Facebook, mais de s’exprimer collectivement en félicitant en direct le joueur d’un match, en mettant des appréciations, en notant le match comme le fait aujourd’hui Canal+, ou pour un concert, en demandant au chanteur une chanson…Bruce Springsteen fait déjà cela avec son public qui a des cartons pour afficher ses demandes… On peut créer un système plus élaboré. Mais cela coûte cher de poser des antennes wifi dans un stade. La connectivité nécessite des investissements qui ne sont jamais inclus dans le cahier des charges. Il faut un partenaire télécom et qu’il trouve son modèle économique. Peut être par un revenu à la connexion, ou au clic ? ! Le Real de Madrid vient de mettre en place avec Cisco les bases d’un stade connecté et la connectivité existe déjà en Amérique du Nord et en Asie. On connaît les coûts de la connectivité pour ces stades américains et coréens, mais le retour économique n’est pas dévoilé…

 

Quelles relations cela implique t-il avec le club résident ?

Il y a deux possibilités. Le club résident peut, lors de ses matchs, amener ses partenaires, sa restauration etc. Ou, et c’est la proposition de Vinci Stadium, qu’il partage la valeur sur des partenaires communs. Le club pourrait par exemple être commissionné sur le chiffre d’affaires du partenaire restauration lors des soirs de matchs, et avoir certaines fonctions en commun avec la société d’exploitation, notamment les forces de sécurité, la régie technique et les commerciaux commercialisant les loges. Mais les résultats sportifs ne devant pas pénaliser la société d’exploitation du stade, il est parfois préférable de bien scinder les activités de la société d’exploitation de celles du Club.

 

C’est le problème du MMArena, où le club résident a été relégué en ligue 2…

En espérant que le club retrouve une dynamique sportive et économique, son loyer a été revu à la baisse du fait de sa relégation. Par ailleurs, Le Mans est un contrat de concession, Le Mans Stadium supporte donc le risque de fréquentation et a fait les gestes d’adaptation quant aux coûts fixes pour être à l’équilibre cette année. Aujourd’hui, le club résident attire 5.000 spectateurs pour une jauge de 25.000. Les clubs d’une manière générale sont trop dépendants des résultats sportifs et des droits télévisuels, la billetterie représente moins de 25% de leur budget. Nous devons trouver des recettes autres. Le naming, -le stade s’appelle MMArena -rapporte 1,3 million d’euros par an en moyenne. C’est plus que le loyer annuel actuellement payé par le club résident. Par ailleurs, LMS a développé pour sa première saison une programmation au delà des prévisions en attirant de grands noms: le Stade Français, le PSG, l’équipe de France de Football et un concert de Johnny Hallyday.

 

Les opérateurs privés doivent-ils revoir leur rôle dans la gestion d’un stade, vu les polémiques autour du Stade de France?

Ce sont toutes les parties prenantes de la gestion des stades qui doivent revoir leur façon de créer de la valeur. C’est l’ambition de VINCI Stadium. En France, les stades sont un secteur où les acteurs privés sont relativement récents. Le Stade de France a été le premier exemple et nous y avons défriché beaucoup de sujets, comme l’organisation d’évènements autres que les matchs sportifs, les conditions de réception des VIP et le concept de loges, le partenariat avec des marques etc. En 1995, à la signature du contrat de concession, les medias prédisaient que le Stade de France serait un « éléphant blanc ». Cela n’a pas empêché le Stade de France, qui a une jauge de plus de 80.000 places, d’atteindre en 2007 un taux de remplissage de 92%. Aujourd’hui, la programmation des matchs, que nous ne maîtrisons pas, n’attire pas autant de public. C’est un fait.

 

Que faire pour débloquer la situation ?

Le potentiel du Stade de France est intact. Je vous parie qu’il sera rempli en mars 2013, pour le match France Espagne. Depuis sa création, il a permis d’accueillir deux coupes du monde (de foot et de rugby) et un championnat du monde d’athlétisme, trois finales de la Coupe d’Europe des clubs (football et Rugby). Aucun autre stade en Europe n’a affiché un tel bilan en si peu de temps ! D’ailleurs, ni l’Allemagne, ni l’Italie, ni l’Espagne n’ont un stade national, et le Stade de France jouit d’une véritable aura en Europe. Ce dossier ne concerne pas Vinci Stadium, il relève des actionnaires du consortium et de la société d’exploitation du Stade. Mais il est à noter qu’il s’agit là encore de trouver le modèle économique de demain. Or il dépend de ce que l’on met dans un stade. C’est l’enjeu des discussions actuelles avec le ministère : définir le contenu des investissements futurs, savoir si le Stade de France aura ou pas une composante rugby, ou encore s’il garde sa piste d’athlétisme, etc.

Source:
http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/service-distribution/actu/0202344145078-il-n-y-avait-aucun-reseau-de-stades-en-europe-vinci-stadium-est-le-premier-503380.php 

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