- NDDL Notre souveraineté, cette zone à défendre

Posté par admin le 12 novembre 2012


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NDDL Notre souveraineté, cette zone à défendre

Publié le 11 novembre 2012 par

-    NDDL Notre souveraineté, cette zone à défendre dans - Aéroport Notre Dame Des Landes tanxxx-212x300

Depuis pas mal de temps maintenant, les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes entendent souvent cet argument : « Oui mais, un aéroport, ça va créer des emplois. »

Emploi, emploi, est-ce que j’ai une gueule à vouloir de ton emploi ?

En Charente, le chantier de la LGV est géré par Vinci, multinationale tentaculaire s’il en est. L’article que vous pourrez lire sur le site de Charente Libre dépeint les conditions de vie de travailleurs venus d’un peu partout en France, et d’un peu tous les âges.

Cet article nous donne un bon aperçu des emplois – qui ne permettent pas de vivre mais de survivre, conformément à la logique qui sous-tend notre société – créés par une entreprise au nom de laquelle l’État envoie ses forces de l’ordre en vue d’exproprier des paysans et des gens qui tendent vers une logique SCOP (Société coopérative ouvrière de production), ou SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif). Ou encore par des jeunes qui cherchent à créer une vie associative dans ce beau bocage qu’est Notre-Dame-des-Landes (un projet de restaurant associatif et bio est en cours de réflexion sur la ZAD (Zone à Défendre, anciennement Zone d’Aménagement Différé, et depuis peu Zone d’Autonomie Définitive), et il y aussi, entre autres, un projet de ferme éducative). L’idée de créer un GFA (pour groupement foncier agricole), dans le but de racheter les terres libérées par Vinci a également été soulevée sur place, et elle a reçu un écho plutôt positif.

Parce qu’on a encore le droit de rêver…

Imaginez un peu si tout cela se concrétisait, Notre-Dame-des-Landes deviendrait un laboratoire d’expérimentations en zone rurale : des emplois pérennes y seraient créés grâce à l’agriculture, au maraîchage biologique, et à tous les métiers qui en découlent (boulanger, fromager…), aux circuits de consommation courts. Le bois des haies bocagères pourrait être utilisé pour chauffer les collectivités et les groupements de particuliers, comme dans le pays de Dinan avec la SCIC Énergies Renouvelables, qui s’est engagée à reconstituer le bocage détruit par le remembrement dans les années 1960 – cause de bien des maux, et tout particulièrement de l’apparition des algues vertes en Bretagne. D’ailleurs, à l’heure actuelle, la région Bretagne accorde des subventions aux paysans désireux de recréer le bocage de leur enfance, ou celui qu’ont connu leurs parents, car nos élus ont fini par réaliser que le remembrement avait nui à l’environnement et à moults écosystèmes. Par contre, le remembrement n’est pas passé par Notre-Dame-des-Landes ; le projet d’aéroport étant vieux comme Ayrault Hérode, cela n’a pas été jugé nécessaire. Et c’est ce qui fait que c’est un bocage comme on en trouve plus beaucoup en France.

Rêvons d’un monde où l’on ne marche plus sur la tête

De plus en plus de jeunes paysans peinent à trouver des terres qui leur permettront de vivre et de faire vivre toute une communauté (si l’on part du principe que les circuits courts prévalent sur les circuits que l’on nous impose, car après tout, c’est une question de bon sens). Hey les gars, youhouuu, y a 2000 hectares de terre à notre-Dame-des-Landes ! Ha non, au temps pour moi, par contre, si vous voulez participer à un grand chantier pour faire voler des grands navions grâce auxquels vous pourrez manger des mangues et des papayes toute l’année, l’État et Vinci sont preneurs. (Voir les modalités sur le site de Paul Emploi – sur la page d’accueil, Paul vous proposera aussi de voyager aux frais de la Princesse en vous engageant dans l’armée ; quand on vous dit que si on veut vraiment travailler, on peut le faire, hein, vous ne faites vraiment pas honneur à la France qui se lève tôt bande de fainéants !) Et tant pis si ça pollue, puisqu’on vous dit que vous pourrez manger des mangues et des papayes toute l’année, vous n’allez pas non plus vous plaindre.

Tout ça pour dire qu’on marche sur la tête depuis trop longtemps. Les gouvernements se succèdent mais les choses ne font qu’empirer, en partie parce que nos gouvernants sont les otages / complices de multinationales nuisibles qui engraissent à vue d’œil, pour le plus grand plaisir des banksters et de Goldman Sachs, et surtout parce qu’on les laisse faire. Un monde en béton armé, dans lequel il faut manger de la bouffe industrielle blindée d’OGM tout en regardant passivement le JT de notre choix, voilà ce qu’ils veulent nous imposer. Et si t’as le malheur d’être ou de te revendiquer décroissant ou simplement débrouillard, tu deviens à leurs yeux un dangereux anarcho-autonome-d’ultra-gauche, et tout est mis en œuvre pour te stopper.

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J’avoue m’être égarée en cours de route, je pensais au départ commenter en quelques lignes l’article de Charente Libre, coller ses deux premiers paragraphes et vous inviter à lire la suite sur leur site, mais je suis de plus en plus écœurée et révoltée par ce gouvernement qui d’un côté créée un ministère de l’Économie sociale et solidaire, et de l’autre matraque des jeunes et des vieux. Lesquels bâtissent leurs maisons, cultivent leurs légumes, font leur fromage, leur pain, leur miel, leur bière, leur sirop de sureau, et sont allés jusqu’à fabriquer une forge pour faire leurs propres outils. Mais c’est ça le vrai Made in France, et pas celui que veut nous vendre Arnaud Montebourg en se la jouant avec sa marinière Armor Lux© (il faut savoir que la marque Armor Lux©, derrière son label de ***** Produit en Bretagne™, ce sont des fringues fabriquées en Tunisie pour pas cher). En plus, ces dangereux anarcho-autonomes-d’ultra-gauche ont le culot d’émettre peu de CO2 en se partageant quelques épaves voitures quand besoin est – la marche à pied étant en général privilégiée sur la ZAD -, et de ne pas dépendre du RSA ou des assedics.

Ça dérange ça. C’est pas normal de vivre comme ça, hou la la, ce sont des décroissants, glosons plutôt sur les petits musulmans privés de pain au chocolat (décroissants, pain au chocolat – c’était le jeu de mots pourri du jour, je n’ai pas pu m’en empêcher). Ils sont chevelus (ou pas) et portent des bottes, ils n’achètent pas leurs vêtements chez H & M© ou chez Armor Lux©, mais piochent leurs fringues dans un free shop, ils ne demandent rien à personne, et c’est bien à cause de cela qu’ils sont jugés être dangereux – ils ne rentrent pas dans le moule normatif.

Non non rien n’a changé, tout tout peut continuer

Au nom de la sociale-démocratie, il faudrait donc exproprier tout ce petit monde pour construire un aéroport estampillé Vinci, capituler face à un gouvernement qui pense que le béton et les avions valent mieux que la terre et les ploucs qui la peuplent, et se taire de peur d’être soi-même qualifié de dangereux anarcho-autonome-d’ultra-gauche ?

Autant dire que c’est hors de question, pour ma part en tout cas. Un 147ème aéroport (contre le tiers en Allemagne), pour quoi faire ? Voyager qu’ils nous disent, faire du business aussi. Mouais, moi je n’ai pas les finances pour, et je ne pense pas me tromper en disant que je ne suis pas la seule. Et puis ils ne servent pas qu’à ça les avions, hein, il ne faudrait pas oublier les Roms qui se sont vus offrir par Valls un aller simple en charter le 14 juin 2012, alors que « le 27 mars 2012, François Hollande, candidat à la Présidence de la République, écrivait pourtant à Romeurope: « J’ai toujours dénoncé, et je continuerais à le faire, la stigmatisation dangereuse lancée par le candidat sortant en août 2010 à l’égard des populations de Roms : expulsions brutales à répétition, stigmatisation toujours plus forte d’une population, interdiction de travailler et de se former, reconduites aux frontières sans résultat… » (merci Mediapart).

C’est ça que vous voulez, vraiment ?

Si votre réponse est non, alors venez à Notre-Dame-des-Landes samedi prochain, pour manifester, mais aussi pour discuter de notre avenir dans le barnum qui deviendra à cette occasion un « Espace de réflexion ». Vous pourrez dormir dans l’une des salles municipales mises à disposition, ou bien planter votre tente dans un champ, cela va sans dire. Ce n’est plus une simple lutte contre un projet d’aéroport que nous devons mener, il s’agit maintenant de créer un discours positif en mettant nos idées en commun, de donner naissance au modèle de société dont nous rêvons en partageant nos expériences et nos objectifs. Ce n’est pas pour rien que le slogan « La ZAD est partout » apparaît sur les murs des villes de France : l’État et les marchands de béton cherchent à nous imposer des projets inutiles et nuisibles un peu partout, et si on ne réagit pas à temps, on aura plus que nos nos yeux pour pleurer à la vue du monde en béton armé qu’ils auront bâti pour le bien de leur portefeuille d’actions.

Si l’on s’en donne les moyens, cette lutte pourrait marquer le commencement d’un mouvement d’ampleur nationale voire internationale (parce qu’on encore le droit de rêver, comme je le disais un peu plus haut), pacifiste et constructif. J’ajouterai qu’Internet (une autre ZAD, mais c’est là un débat que je n’entamerai pas ici) nous offre la possibilité de communiquer et de nous organiser, de parler à nos élus locaux et de leur faire connaître nos aspirations, pour que nos enfants vivent la vie que nous leur souhaitons dans une société juste, alors utilisons-le cet outil, car la zone à défendre, ce n’est pas seulement celle de Notre-Dame-des-Landes, c’est surtout et avant tout celle de notre souveraineté sur un territoire donné.
#ZAD de Notre-Dame-Des-Landes – Acte II par blogbreil

Nous voulons prendre des décisions qui concernent nos vies!

Nous n’avons rien à négocier avec ceux qui nous construisent un monde de merde!

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Source:http://nddl22.bretagne-infos.eu/2012/11/11/notre-souverainete-cette-zone-a-defendre/
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