- Vers la démission de Duflot et Canfin ? Pourquoi François Hollande n’est pas inquiet

Posté par admin le 12 novembre 2012


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Reprise à but informatif:
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Vers la démission de Duflot et Canfin ? Pourquoi François Hollande n’est pas inquiet

Modifié le 12-11-2012 à 16h21

 

Avatar de Thierry de Cabarrus

Par 
Chroniqueur politique

LE PLUS. Les ministres Cécile Duflot et Pascal Canfin vont-ils rester longtemps au gouvernement ? Après que François Hollande a évoqué un départ « possible », mais en affirmant ne pas le souhaiter, les divergences entre écologistes et socialistes deviennent de plus en plus problématiques. La rupture pourrait bien avoir lieu, selon notre chroniqueur Thierry de Cabarrus.

Édité par Mélissa Bounoua 

Les ministres Cécile Duflot et Pascal Canfin le 6 juin 2012 à l'Elysée (F.DUFOUR/AFP)

 Les ministres Cécile Duflot et Pascal Canfin le 6 juin 2012 à l’Elysée (F.DUFOUR/AFP)

 

Non, décidément, la menace de Jean-Vincent Placé ne fait pas peur, et surtout pas à François Hollande. Il l’a dit récemment dans « Marianne », avant même que le sourcilleux sénateur de l’Essonne ne vienne semer le trouble au sein d’EELV en s’interrogeant sur la présence des deux ministres verts au sein du gouvernement Ayrault.

 

Pas de poids mais deux ministres et deux groupes


En fait, Europe Ecologie – les Verts ne pèse pas grand chose en France alors que, paradoxalement, jamais l’écologie n’a été autant au cœur des préoccupations des Français. Il suffit de voir l’incroyable capacité d’autodestruction de ce parti de gauche qui a réussi, en quelques mois, à se débarrasser de ses deux leaders charismatiques : d’abord de Nicolas Hulot, « l’homme planète » qui a découvert à ses dépens la politique en se faisant éliminer par Eva Joly avec le résultat qu’on a vu à la présidentielle; ensuite de Daniel Cohn Bendit.

 

François Hollande sait bien qu’en laissant le PS de Martine Aubry signer un accord avec EELV, le fameux « contrat de mandature », il a fait un cadeau assez considérable aux écologistes.

 

Cet accord leur a permis le 18 juin dernier d’avoir pour la première fois, avec 17 députés, un groupe à l’Assemblée nationale et un autre au Sénat avec 10 parlementaires le 25 septembre 2011. Un véritable jackpot qui ne correspond absolument pas à leur poids politique et qu’ils ne retrouveront sans doute pas aux prochaines échéances électorales, et ce malgré les 10% de proportionnelle promis par la commission Jospin sur la rénovation de la vie politique.

 

François Hollande ne veut pas d’un état PS


Si l’on ajoute la présence au gouvernement de deux ministres Verts, Cécile Duflot au Logement et Pascal Canfin au Développement, on comprend que cet accord penche très largement en faveur des écologistes. Au point qu’il suffirait sans doute d’un nouveau dérapage, par exemple un vote contre un projet de loi du gouvernement comme dans l’épisode malheureux du traité européen, ou d’une déclaration intempestive de trop pour que ce bel édifice s’effondre sans entraîner de regrets excessifs de la part des socialistes.

 

François Hollande n’est pas du genre à lancer des oukazes, à pousser un coup de gueule après ses alliés indisciplinés, encore moins de les mettre en demeure d’obéir sous peine de rupture. Ce n’est ni dans son caractère ni dans sa méthode, et tant pis si certains sont choqués de ce comportement « en deça », qui contraste violemment avec le mode de fonctionnement du précédent chef de l’État.

 

Pour autant, les Verts savent bien que quand, dans « Marianne », le président dit que leur départ du gouvernement est « possible » même s’il ne le souhaite pas, il s’agit d’une menace très sérieuse, et d’une certaine façon d’un rappel à l’ordre.

 

François Hollande leur dit de manière subliminale qu’il n’a pas besoin d’eux, puisqu’il possède la majorité absolue à l’Assemblée nationale et une majorité relative au Sénat. Et chacun sait bien que leur seule utilité, à travers l’accord et leur présence au gouvernement, c’est de démontrer aux Français, mais aussi à la droite, que le Parti socialiste n’a aucune volonté hégémonique et qu’il ne saurait, malgré les résultats des différentes élections, y avoir un état PS.

 

Les nombreuses pommes de discorde


Dès lors, Cécile Duflot qui s’efforce de donner du poids à Europe Ecologie – les Verts, malgré les résultats médiocres de son parti, veut éviter les pièges de la cacophonie. C’est ainsi qu’avec une certaine habileté, elle a joué la funambule en soutenant la position du gouvernement sur le traité européen sans pour autant condamner les siens qui s’y opposaient.

 

La question est de savoir si cette ambiguïté est tenable sur la durée ? Sans doute pas.

 

Alors, certes, Cécile Duflot s’est empressée de répondre à Jean-Vincent Placé dans le « Journal du Dimanche » qu’elle comptait bien rester au gouvernement.

 

Mais cela ne masque pas les pommes de discorde qui opposent les socialistes aux Verts :

 

- L’aéroport Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, est le « bébé » du Premier ministre Jean-Marc Ayrault mais Yannick Jadot, le député européen vert a prévenu dans le Nouvel Observateur: « Si Ayrault continue le coup de force sur tout ce projet, ça risque de peser lourd dans la relation ».

 

- Le rapport Gallois ne tient pas vraiment compte de la fiscalité écologique prônée par les Verts, et qui serait repoussée à 2016; par ailleurs, il recommande de travailler sur les différentes méthodes d’exploitation du gaz de schiste dont les écologistes ne veulent pas entendre parler.

 

- Le plan de compétitivité de Jean-Marc Ayrault a été accueilli par Jean-Vincent Placé comme la preuve du « virage social-libéral » des socialistes.

 

- Inutile de revenir sur les deux gros sujets qui fâchent, que sont la sortie du nucléaire et le traité budgétaire européen pour constater que même les questions sociétales sont des thèmes de division. Ainsi, le droit de vote des étrangers sur lequel les socialistes semblent désormais tergiverser et la dépénalisation du cannabis qui a donné l’occasion à Cécile Duflot de marquer sa différence et d’être recadrée par le Premier ministre en personne, en juin dernier.

 

Dans un an, les municipales… et la rupture?


François Hollande a donc bien raison de rester froid devant les gesticulations de Jean-Vincent Placé. Il sait que, malgré les protestations de fidélité de Cécile Duflot, la coalition peut exploser à tout instant sur n’importe lequel de ces sujets. Et il sait aussi que l’accord entre EELV et les socialistes ne devrait pas résister aux élections municipales et aux européennes de 2014.

 

En effet, contrairement aux communistes et au Parti de gauche qui devraient chercher des alliances avec le PS pour tenter d’exister (et donc opérer sous peu un rapprochement bienvenu avec le PS), les écologistes pourraient bien aller à l’élection seuls, sans leurs alliés, car ce sont des échéances où, traditionnellement, ils obtiennent de bons résultats. Voyez les européennes de 2009 et les municipales de 2008.

 

Dès lors, ce n’est pas un hasard si Jean-Vincent Placé fixe l’échéance de l’expérience des écolos au gouvernement à un an. Il ne prend pas de gros risques et ménage une porte de sortie acceptable pour tous, sans humiliation pour personne.

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Source:
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/694853-vers-la-demission-de-duflot-et-canfin-pourquoi-hollande-n-est-pas-inquiet.html
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