- Camille : « Si tu n’es pas d’accord, tu es un terroriste »

Posté par admin le 9 décembre 2012

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Reprise à but informatif:
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Camille : « Si tu n’es pas d’accord, tu es un terroriste »

Créé le 06-12-2012 à 11h36 - Mis à jour le 07-12-2012 à 16h45

« Camille », c’est le prénom sans sexe ni identité qu’ont choisi certains opposants à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes. Rencontre.

Sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Johann Rousselot pour Le Nouvel Observateur)

Sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Johann Rousselot pour Le Nouvel Observateur)

    A la Rolandière, ce matin, « Camille » est chargé de l’accueil. Plans du site, liste des besoins et travaux du jour, trousses de premiers secours… La petite grange de tôles est devenue le centre névralgique des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Les visiteurs défilent mais « Camille » râle un peu : rester sans « véritable » activité, ce n’est pas son truc. Alors il s’arme d’une scie et de palettes qui deviendront un rack à vélos.

    Comme pour certains jeunes Zadistes (le nom que ce sont donné les occupants de la ZAD, la Zone d’aménagement différé, rebaptisée « Zone à défendre »), « Camille », c’est un nom pour l’extérieur. Un nom neutre, sans sexe, sans âge, sans identité. Il enrage quand cet extérieur cherche à le ranger dans une case. Il rit des médias évoquant des « anarcho-autonomes » : « Ils n’ont pas vu les Anglais ! Nous, on veut juste une vie pépère. Les Zadistes sont simplement des personnes proches de la terre. Dès que tu n’es pas d’accord, tu es un terroriste ». Enfoui sous la capuche de son anorak, Camille offre un regard rayonnant : « Nos seuls actes de terrorisme, c’est l’échange des savoirs ».

    Vie « en totale autonomie »

    Durant des mois, avant les expulsions, Camille a vécu avec 150 personnes « en totale autonomie ». Il ne se souvient d’ailleurs plus depuis quand il vit là. Sur la ZAD, le temps devient une notion toute relative. Le jeune homme refuse un extérieur où « on récolte des carottes et on en jette quatre tonnes parce qu’elles ne sont pas bien calibrées ». Installé au Sabot, le grand jardin potager des Zadistes a disparu sous les gaz des premières expulsions, le 16 octobre dernier.

    A 36 ans, Camille a choisi de vivre « autrement » voici un peu plus de 15 ans. L’industrie, le bétonnage, le gaspillage… La société dans laquelle il vivait lui semblait absurde : « Nos parents ont cru bien faire en pérennisant le système et nous on s’est retrouvé face à un système qui est au bout. Dès l’école on nous apprend la compétitivité. »

    Un camion de 1974

    Et de se lancer dans une attaque en règle de la surconsommation : « Il faut toujours tout changer. Ici, on a un vieux camion de 1974 et ça marche. OK, il pollue un peu plus mais ça fait tellement de déchets en moins ! » Sur la ZAD, il a retrouvé des personnes qui ont choisi de « reprendre en main leur vie » et qui prouve qu’un autre modèle de société est possible « au moins à petite échelle ».

    Depuis octobre, la ZAD change, quelque 300 personnes y résident désormais : « Elle est en transition mais il reste cette énergie collective ». A Notre-Dame-des-Landes ou ailleurs, il ne se voit pas vivre autrement : « Qui peut estimer le prix de mon travail ? Le taf est une oppression permanente : les parents n’ont même plus le temps de voir grandir leurs enfants. » Camille ne veut rien détruire, « les révolutions, ça a déjà été fait, ça n’a rien changé », mais il se désole des assauts contre la ZAD : « Les gens ne sont plus capables de se parler : ils portent plainte ».

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    Source:
    http://tempsreel.nouvelobs.com/planete/20121206.OBS1704/camille-si-tu-n-es-pas-d-accord-tu-es-un-terroriste.html 

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