- Notre-Dame des Landes ? Des cabanes dans des arbres qui cachent la forêt.

Posté par admin le 17 janvier 2013

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Reprise à but informatif:
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Notre-Dame des Landes ? Des cabanes dans des arbres qui cachent la forêt.

lundi 14 janvier 2013 par Georges Vallet

On résume le conflit lié à la construction de l’aéroport de N-D. des Landes à une opposition entre des responsables sérieux qui se soucient « uniquement » de l’emploi et du développement économique, et les irresponsables, farfelus, qui construisent des cabanes et qui sont rétifs à tout.
Voilà, une fois de plus, des informateurs qui, au mieux, ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, au pire s’emploient à masquer aux yeux de l’opinion publique des problèmes lourds de conséquences pour notre société.
Dans ce cas, c’est l’utilisation de la caricature pour dénoncer une vision réaliste et dramatique de la situation de nos terres cultivables. « Rien qu’en Loire-Atlantique, ce sont 2000 ha que la périurbanisation dévore chaque année. » reconnaît-on à la Mairie de Nantes ! L’aéroport projeté couvrirait 1650 ha !
La protection des terres agricoles n’est plus une option, mais une exigence. 
Beaucoup d’agriculteurs locaux, menacés d’expropriation et des confédérations agricoles nationales lancent sans succès depuis des années, un cri d’alarme sur le sort de l’agriculture française, aussi bien d’ailleurs celle qui veut investir dans le bio que celle, productiviste, qui revendique la place d’honneur dans sa participation au PIB. Chaque jour, la presse met en valeur les résultats, pour notre balance commerciale, de l’exportation des produits et du savoir-faire de notre agriculture. Devant la hausse exponentielle des besoins, que les plantes cultivées sont capables de nous apporter, pour s’adapter à la hausse démographique : alimentation, élevage, production d’énergie, médicaments, construction, emploi, etc., il est de plus en plus fondamental que cette arme économique soit valorisée.
Le principal coupable de cette fonte des terres agricoles est :

• l’urbanisation qui, de zones industrielles en centres commerciaux, d’habitations en parkings, domine toujours plus les paysages. 40.000 hectares étaient urbanisés par an dans les années 1960, 78.000 hectares le sont actuellement. 
• La multiplication ou l’élargissement des voies de communication : routes, autoroutes, voies ferrées, aéroports. 
• La recherche de rentabilité économique. Les petites et moyennes exploitations agricoles dégagent en moyenne de faibles revenus ; cela a conduit à l’abandon des parcelles insuffisamment productives ou rentables. Faillites, départs à la retraite, difficultés à trouver un successeur sont autant d’occasions qui amènent les exploitants à profiter de l’aubaine financière que peut représenter la vente de terres. 

En 10 ans, d’après des données trouvées sur des sites locaux ou régionaux, le département des Pyrénées-Atlantiques a attiré plus de 50000 nouveaux habitants. Dans le même temps il a perdu 26000 hectares de terres agricoles. D’après les informations récemment entendues, le SW, de par ses espaces encore végétalisés et son climat, attire de plus en plus de gens.
Le chantier de l’autoroute Grenelle, A65 aura occasionné la destruction bien réelle de près de 2000 hectares de milieux naturels. (FNE) Notre département serait le plus touché en Aquitaine par un phénomène qui condamne les terres ad vitam aeternam : des propriétaires privés s’emparent des terres agricoles pour construire.
Et ce ne sont pas tant les routes, les parkings ou même les habitations construites pour accueillir chaque année les quatre mille nouveaux arrivants qui détruisent le plus de terres agricoles, mais les terrains de loisir, de sport, et toutes les pelouses et piscines qui bordent les maisons. Le projet sur lequel travaillent depuis deux ans le groupe Décathlon et sa holding Oxylane est tout simplement impressionnant. Le sous-seing visant à acquérir pas moins de 24 hectares vient d’être signé.
Nos élus y sont peu sensibles ; Le député-maire de Mourenx, David Habib, avait annoncé en septembre 2011 qu’il ne signerait pas la charte « agriculture, urbanisme et territoire », née du Grenelle 2, qu’il jugeait « extrêmement restrictive pour la construction neuve. » !!
A Pau, sur les 3200 exploitations agricoles : On note une diminution de 15% des exploitants tous les dix ans, soit la tendance nationale. 2 200 ha de terres agricoles ont disparu entre 1991 et 2005, soit l’équivalent de 84 exploitations ou d’une commune comme Jurançon.
Le cœur urbain et la première couronne périurbaine ont subi l’essentiel de cette pression en affectant notamment des terres agricoles de grande qualité agronomique (terres du Pont-Long et à vocation maraichère).
L’étalement de la ville, les hyper surfaces commerciales à la périphérie, renforcent la dépendance à l’automobile, avec pour corollaire, l’augmentation des émissions de gaz carbonique, et la nécessité de prévoir de plus en plus de voies d’accès que chacun veut fluides donc rapides car on n’a pas le temps ! Une solution, qui peut apparaître très souhaitable, est celle qui consiste à créer des rocades et des parkings importants en périphérie associés à des lignes de bus rayonnantes et concentriques ; beaucoup reprochent d’ailleurs à la Mairie de ne pas avoir encore mis en place ce projet de parkings relais. Pour les créer, ce n’est pas compliqué, il suffit d’acheter des terres agricoles ! Il n’en manque pas ; avec de l’argent, la ville trouvera facilement des vendeurs ! Mais le problème est multiple :

• Des palois ne veulent pas forcément payer des impôts pour cela, peut-être, entre autres, parce que les utilisateurs seront issus de la périphérie, à l’extérieur de l’agglomération même. Il y a une réflexion à mener pour délimiter le niveau des structures devant financer ces opérations. 
• Le grignotage des terres agricoles continuerait et le paysage, mité par ses étendues noires de voitures, ne serait pas réjouissant. Peut-être que des parkings souterrains, plus « paysage-compatible » pourraient limiter la surface au sol. 

Alors quoi faire ? Pour faire face au dynamisme sans cesse inassouvi de l’urbanisation, de l’industrialisation, du commerce et des corollaires comme les réseaux de communication, de la disponibilité financière supportable, la solution est la quadrature du cercle ; j’ai plein de compréhension pour une municipalité qui a à gérer ce genre de problème, non seulement dans le temps présent mais de projeter, en plus, une continuité dans le temps à venir, confrontée à l’incertitude qui la caractérise et les sarcasmes des impatients personnellement insatisfaits.
Un fait est certain, une réflexion générale doit précéder la réflexion locale. Il n’est pas possible que des voitures, de plus en plus nombreuses par famille et contenant souvent une seule personne, envahissent matin, midi et soir, les villes et les routes qui y accèdent. La technologie peut-elle venir à bout de ces problèmes ? J’en doute ; il paraît évident qu’il faut s’orienter progressivement vers un nouveau style de vie, beaucoup plus sobre et incluant dans l’immédiat les transports en commun. Certains en ont conscience et le préconisent, mais sans le vouloir, ou le pouvoir réellement !
Ainsi, Jean-Marc Ayrault s’est engagé dans « zéro artificialisation », Stéphane LeFoll doit annoncer des mesures fortes sur le produire autrement.
 

« On en a marre des bonnes paroles des politiques démenties par les rouleaux compresseurs. » Gérard Durand Confédération paysanne de Loire-Atlantique. 

- par Georges Vallet 

Crédit photo : transports.blog.lemonde.fr

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Source:
http://www.alternatives-paloises.com/article.php3?id_article=6413  
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