- Répit de deux jours pour la ferme de Bellevue

Posté par admin le 29 janvier 2013

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Reprise à but informatif:
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Répit de deux jours pour la ferme de Bellevue

28JAN

Ils étaient bien décidés, ce matin vers six heures, à protéger la ferme de Bellevue à Notre-Dame des Landes de la destruction. Une vingtaine d’opposants et une trentaine de tracteurs ont passé la nuit dans la ferme et autour, rejoints un peu plus tard par plusieurs dizaines d’autres militants et paysans.  Comme nous l’avons constaté en arrivant par le Chêne des Perrières, la route qui mène de ce croisement à Vigneux est barrée en plusieurs endroits par de fortes barricades, renforcées toute la soirée de dimanche et la nuit jusqu’à quatre heures du matin.

Au petit matin, donc, les gendarmes ont fait une rapide pointe vers les environs de la ferme située à l’ouest de la ZAD. Avant de rebrousser chemin devant la première barricade, au Chantier Frais. Une camionnette de EDF, partie de Nantes, n’a pas non plus poursuivi vers la ferme. Les forces de l’ordre se sont contentées comme d’habitude de barrer les carrefours des Ardilières et de la Saulce. En effet, suite à un appel de l’opposante à l’aéroport et chef de file du collectif d’élus doutant de la pertinence de l’aéroport (CéDéPa) Françoise Verchère, le préfet a suspendu les opérations visant à détruire la ferme le temps que la situation se décante. Pour deux jours.

Vers dix heures, l’hélicoptère de la gendarmerie a survolé la maison et ses alentours pendant 10 mn pour repérer les barricades et les protections de la maison. Autour d’elle, une trentaine de tracteurs sont reliés par des câbles dans la cour au sud, derrière et dans le chemin, formant une enceinte qui hésite entre l’ellipse et le triangle ; d’autres tracteurs barrent la route d’accès à la ferme. Les paysans ont rétabli un tour de garde par canton, dans le but d’assurer une « présence permanente avec le plus grand nombre possible de volontaires pour protéger la ferme« . La route du Chêne des Perrières à Vigneux était coupée ce matin par quatre fortes barricades, deux avant et deux après la ferme. Celles-ci ont été renforcées pendant toute la matinée. L’une d’elle est appuyée à la corne d’un bois près du débouché du chemin de Suez, barré par trois barricades, dont un fossé en eau, le chemin ayant été décaissé sur 40 cm de pronfondeur et 2 m de large. L’on peut d’ailleurs constater ailleurs sur la ZAD – à la Sécherie notamment et sur le chemin qui mène du Sabot à la RD42 (Notre-Dame des Landes > La Pâquelais) que, du fossé en eau (sur lequel est parfois jeté une vague passerelle) au bastion en argile et divers objets en passant par la barrière (ou la chicane) mobile, la notion de rempart connaît un véritable revival.

Carte de Bellevue et de ses abords, ainsi que des nouvelles barricades. Carte de Bellevue et de ses abords, ainsi que des nouvelles barricades.

« Ce n’est pas une ferme, c’est un village »

La ferme de Bellevue est assez importante à vue d’œil. Une longue longère poursuivie par une ancienne grange sur poteaux dont les espaces ont été progressivement murés. Deux hangars en tôle devant, une remise, d’autres remises derrière à usage de cave et de granges, une mare, une grangette devant dont une pièce est pourvue d’une cheminée. Le logis n’a que deux chambres en état, mais l’eau y est encore courante et l’électricité n’a pas été coupée. Le grenier est important et nu. La toiture et la façade ont été refaites par le Conseil Général, propriétaire du bâtiment, il y a une vingtaine d’années.

Découvrir la ferme de Bellevue

façade de la fermefaçade de la ferme

Le fermier passé (Serge Durand) n’a fait que peu d’entretien, et aucun agrandissement – pas même un hangar pour ses vaches, « toujours dehors » dans les près, selon un agriculteur voisin, hormis une petite extension derrière la maison. En partant, il a « tout emmené, y compris les interrupteurs », allant jusqu’à défoncer deux portes dans la grange pour récupérer les lourds linteaux de granit. La maison a un four à pain conservé. Devant celui-ci, il y avait un linteau en pierre que M. Durand a essayé d’emmener mais a laissé en plan, démolissant une partie du toit. Cependant, d’après un militant expert en la matière, « ce four peut remarcher. La sole est en bon état, la voûte a quelques petites fissures qui se rebouchent à l’argile. Rien de grave ».Si les militants réussissent à conserver la ferme debout, l’espoir d’une seconde boulangerie pour ravitailler en pain la moitié ouest de la ZAD est permis. L’actuelle se trouve dans une maison non expulsable, aux Fosses Noires, au sud-est de la ZAD. Mais ce n’est pas le vieux four, dont la sole est hors service, qui est utilisé, mais un four de boulanger en métal placé dans la même pièce, et qui n’utilise que le conduit de son confrère fatigué. Avec quelques aménagements de rigueur, la ferme de Bellevue pourrait accueillir en permanence de 30 à 40 personnes, créant un nouveau lieu occupé – et donc un point de fixation de la lutte autour d’un corps de ferme en dur – à l’ouest de la ZAD. Au seuil de l’une des pistes projetées et déjà présentes sur les cartes de l’IGN. Laissons donc le dernier mot à un zadiste « les pistes sur le papier, peut-être, mais dans la réalité, c’est nous qui gérons ».

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Source:
http://breizhjournal.wordpress.com/2013/01/28/repit-de-deux-jours-pour-la-ferme-de-bellevue/ 
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