- Françoise Gri, la nouvelle reine de Pierre & Vacances

Posté par admin le 10 février 2013

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Reprise à but informatif:

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Françoise Gri, la nouvelle reine de Pierre & Vacances

Créé le 31-01-2013 à 06h05 - Mis à jour à 18h47

L’actionnaire peut s’appuyer sur cette femme de tête pour faire du bon boulot et exécuter le « sale ». Les femmes peuvent compter sur sa volonté de parité: cette pro est une incarnation du management anglo-saxon.

Françoise Gri Challenges

Françoise Gri Challenges

Un parcours professionnel rectiligne. Une personnalité trop lisse, trop parfaite. Est-ce l’image que Françoise Gri, tout juste nommée directrice générale du Groupe Pierre & Vacances Center Parcs, leader européen du tourisme de proximité, veut donner? « Cette fois, elle saute dans l’inconnu, se réjouit Sophie de Menthon, présidente du mouvement Ethic. Elle va pouvoir donner libre cours à un aspect d’elle peu connu. »

Difficile de trouver les failles de cette femme de 55 ans, tant elle se livre peu, tant elle veut rester discrète. Des amis? Rares sont ceux qui peuvent les nommer. Des ennemis? Peut-être, mais sans doute sont-ils trop timorés pour avouer leur aversion. « Je la connais bien, mais je préfère ne pas vous donner mon opinion, même en off », s’excuse un ancien collaborateur. Un autre exige l’anonymat le plus complet. Un troisième donne son jugement en deux versions, élogieux et officiel d’un côté, critique et rigoureusement off de l’autre.

Inébranlable

« Dans la vie, on se bat », répétait la mère de la petite Françoise. Un principe qu’elle a toujours appliqué. « C’est sans doute ce qui m’a permis, très tôt, de ne jamais considérer un obstacle comme infranchissable. Je ne me suis jamais dit que quelque chose était impossible. D’une manière générale, le doute n’est pas dans ma nature. » La voilà donc confrontée, une fois de plus, à une entreprise en situation difficile. Car Pierre & Vacances n’est pas au mieux de sa forme. Le dernier résultat du groupe de tourisme et d’immobilier est dans le rouge, avec 27,4 millions de pertes sur l’exercice 2011-2012. Du jamais-vu depuis son entrée en Bourse en 1999. Les ventes du dernier trimestre se sont encore effondrées de 34%, et la société doit affronter un plan social de 195 suppressions de postes, décidé avant l’arrivée de la nouvelle directrice générale.

Et cela la stimule: « Dans un contexte européen de crise, et malgré des résultats 2011/2012 en retrait, Pierre & Vacances Center Parcs a une histoire, des fondamentaux sains et des atouts évidents. Je trouve intéressant de me confronter à de nouvelles problématiques. » Et elles sont nombreuses. Il lui faudra en particulier toucher de nouveaux publics pour enrayer la chute des ventes, réduire les charges de personnel et de loyers. Car le plan de transformation, initié depuis plusieurs mois par Sven Boinet, son prédécesseur, a pris du retard. Ce que Françoise Gri résume crûment: « La stratégie a été dite mais pas appliquée à 100%. » Et d’ajouter avec un bel optimisme: « Dans la vie d’une entreprise, il n’y a pas de problème sans solution. »

Dans la vie personnelle, à ses yeux sans doute, non plus. Car rien ne la prédisposait à effectuer un tel parcours professionnel. Après ses études secondaires à Montélimar suivies de deux années de prépa au lycée Thiers de Marseille, elle est admise dans une école d’ingénieurs à Grenoble, l’Ensimag. La petite provinciale née à Agen est bien éloignée des cercles de l’establishment, de ceux qui cumulent relations et fortune. De là, peut-être, son envie d’en être. « Elle ne laisse rien au hasard, elle protège sans cesse son image publique avec une vigilance de tous les instants », remarque une dirigeante qui l’a un temps côtoyée. Sa mère, enseignante, veuve très tôt, lui offre un des plus beaux legs pour qui veut percer: une volonté inébranlable et un courage à toute épreuve.

Accrocheuse

Voici venu le temps d’une première expérience professionnelle. Sitôt diplômée, Françoise Gri entre dans une banque spécialisée dans l’immobilier. Elle est chargée d’établir le cahier des charges d’une application informatique gérant les prêts. Mauvaise pioche: elle s’ennuie à mourir. Mais apprend. Et répond à une petite annonce d’IBM.

La multinationale de l’informatique est, à l’époque, le symbole de l’économie de l’avenir. Elle y débute en mars 1981 comme ingénieure commerciale. La progression est rapide dans cette société américaine où le désir d’ascension compte plus que le diplôme. Au fil des ans, elle franchit les échelons un à un et devient PDG d’IBM France en 2001.

Deux décennies d’une carrière parsemée de quelques embûches. Car l’entreprise s’est totalement transformée: de fabricant de matériel informatique, elle est devenue prestataire de services. Ce virage stratégique s’est accompagné de multiples restructurations et suppressions de postes. De 14.800 collaborateurs en 1999, les effectifs sont réduits à 10.300 en 2005. Une évolution que la manager Françoise Gri a pilotée sans états d’âme.

De cette époque date un impitoyable système interne de sélection – il fut révélé en 2002. Tous les salariés étaient soumis à une grille de notation selon leurs performances. Avec le risque pour les « faibles contributeurs », les moins bien notés, d’être licenciés pour insuffisance professionnelle. Quelques-uns auraient même reçu la note infamante juste après un retour de congé maladie ou de maternité. Devant l’enquête diligentée par le ministère du Travail, Françoise Gri avait plaidé la maladresse. « Elle a appliqué à la lettre le système voulu par la maison mère, se souvient le syndicaliste CFE-CGC Frank Setruk. Sans doute était-ce ce qu’on attendait d’elle. Elle y a gagné une réputation d’autoritarisme. Parfois, pour prouver qu’elles en sont capables, les femmes doivent faire pire que les hommes. »

Soif d’apprendre

Mais, pour Françoise Gri, il est temps, après vingt-six années chez le géant de l’informatique, de passer à autre chose. Comme elle l’écrit dans Women Power. Femme et patron, publié récemment aux éditions du Rocher: « Je me suis toujours plu à imaginer le job suivant que je pourrais occuper. A coups de rencontres, de voyages, de séminaires, je me suis familiarisée avec toutes les facettes d’IBM. Son organisation, ses métiers, ses dilemmes, avec toujours le même bagage: la curiosité, l’aval de mes supérieurs et l’envie d’apprendre. »

La voici donc à Manpower France, où elle entre en 2007 comme PDG, prête à affronter de nouveaux bouleversements. En cinq ans, elle change l’image du numéro deux de l’intérim français. Sur fond de crise, elle taille dans les budgets, déménage le siège social de Paris à Nanterre, regroupe les agences. Tambour battant, avec une inépuisable énergie, elle mène l’opération Refondation visant à transformer la société d’intérim en « créateur de solutions pour l’emploi ».

Autant dire que les changements ne l’effraient pas. Gérard Brémond, le fondateur et actionnaire de Pierre & Vacances, ne s’y est pas trompé. Quand il s’est décidé, au deuxième trimestre 2012, à remplacer son directeur général avec l’aide de la chasseuse de têtes Brigitte Lemercier, trois finalistes étaient en piste. « La personnalité de Françoise, sa curiosité, son goût pour aborder de nouveaux secteurs d’activité, sa rapidité d’assimilation m’ont fait penser qu’elle était la meilleure pour ce poste », souligne l’inamovible président de 75 ans.

Féministe par raison

Rompue au fonctionnement des grandes entreprises américaines, la voici propulsée dans une structure nettement plus modeste avec un patron omniprésent, qui a déjà usé plusieurs managers. Dans ce cadre, cette femme, deux fois divorcée, aura sans doute à coeur de faire avancer une de ses idées fortes, qui correspondait à une priorité de ses anciens employeurs internationaux: la parité. Françoise Gri mène depuis des années le combat pour la promotion des femmes dans les entreprises, sans que l’on sache, souligne un de ses détracteurs, « s’il est sincère ou à son service exclusif ». Le syndicaliste Frank Setruk reconnaît cependant qu’ »à son actif, à IBM, elle a réussi à promouvoir les femmes et aussi à rajeunir le comité exécutif ».

Durant sa carrière, Françoise Gri n’a jamais vraiment souffert d’être femme et mère de famille – deux filles ; elle n’a jamais été confrontée au harcèlement, a peu souffert de la condescendance de ses pairs. Certes, il y eut ce supérieur hiérarchique à IBM qui avait estimé qu’elle ne pouvait pas s’expatrier aux Etats-Unis parce qu’elle avait des enfants. Ou encore ce patron qui, lors de son arrivée à une réunion de l’Association française des entreprises privées, lui demanda quel était le dirigeant qu’elle remplaçait. « Il a fallu tenir le coup, résister, doucement, sans jamais baisser les yeux,confie-t-elle. J’ai toujours considéré les obstacles comme des défs, des conquêtes, des énigmes à élucider. »

Avec son sourire impeccable et ses tailleurs de femme d’affaires, Françoise Gri fonce. Seule parfois, à tel point que certains, dans les instances du Medef, l’ont surnommée « la louve solitaire ». Rares sont ceux, dans son entourage professionnel, qui savent si elle cultive quelques passions. A peine lui connaît-on un goût pour le jardinage et pour la cuisine. Depuis quelque temps, elle tient un blog, désormais plus irrégulier par manque de temps. Et elle aime tweeter, en particulier dans les embouteillages parisiens. « Je trouve plus d’expériences d’entreprises sur les réseaux sociaux que dans la presse », affirme-t-elle.

« Elle a beaucoup de pudeur, ne se livre pas aisément, reste dans une posture très professionnelle »,explique Armelle Carminati, d’Accenture. Récemment, raconte-t-elle, « nous avons fait partie du jury qui accordait une bourse à une étudiante de Centrale Paris. Celle que nous avions choisie méritait toutes les louanges. Mais Françoise Gri s’est montrée très dure à son égard durant nos délibérations: elle la trouvait trop parfaite, trop lisse. Cela trahissait-il une faille chez elle, une fragilité qu’elle cherche à tout prix à cacher? »

Femme de dossiers, de synthèse, de consensus, de convictions, elle manierait mieux les concepts que les réalisations. « Son approche est loin d’être superficielle, corrige André Zylberberg, directeur de recherche au CNRS, qui a récemment animé avec elle les Entretiens enseignants-entreprises. Pour Françoise Gri, le dialogue dans l’entreprise est indispensable, ce qui ne l’empêche pas de donner son opinion, toujours calmement. Et la contradiction ne lui fait pas peur. »

Sensible aux honneurs

Est-ce cela ou une soif de revanche bien cachée qui lui fait aimer les honneurs? Pour la huitième année consécutive, elle fait partie des huit Françaises du classement des femmes d’affaires les plus puissantes du magazine Fortune. En 2012, elle est classée 31e. De même, elle a été ravie de recevoir les insignes de chevalier de la Légion d’honneur des mains de l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin dans les salons dorés du Sénat. Quant à faire partie des conseils d’administration de Rexel, d’Edenred ou du Crédit agricole, elle s’en explique: « J’ai été flattée d’être appelée. Quand on est patron, il existe peu d’endroits pour se former. » Ambitieuse? Sans nul doute. « Il faut saisir ses chances et savoir que les barrières peuvent être franchies », disait-elle récemment sur la chaîne Public Sénat. « Mais elle s’est toujours refusée à écraser les autres, car elle a un sens de l’éthique personnelle très développé », estime Alain Roumilhac, qui lui a succédé à la tête de Manpower France. Il est vrai que Françoise Gri a choisi cet ingénieur – comme elle -, ex-IBM – comme elle -, pour prendre sa suite. La seule différence? C’est un homme. C’est cela, la parité.

 

 

 

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Source:

 http://www.challenges.fr/entreprise/20130131.CHA5682/francoise-gri-dg-de-pierre-vacances-center-parcs-reglo.html

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